Ruptures, reconversions, étapes de vie : comment mieux vivre ces transitions ?
- fernandessophie64

- 26 janv. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 juil. 2025

Une nouvelle étape de vie, de transition ou même un changement d'habitude créé parfois une instabilité, un degré d’incertitude plus ou moins important dans un quotidien bien rôdé. Même si c’est vous qui l’avez décidé.
Percevoir cette vulnérabilité est tout à fait naturel, néanmoins, l'estime de soi ou la confiance en soi sont parfois sérieusement abîmées.
Mon point de vue est qu’avoir conscience de cette vulnérabilité pendant ce passage est un atout car elle trace un chemin vers la douceur. Non pas une douceur mièvre, sucrée, ou infantilisante, comme l'écrit Anne Dufourmantelle dans “Puissance de la douceur”, mais une douceur comme ressource naturelle et renouvelable pour la traversée des passages importants de vie :
“La douceur est une énigme. Incluse dans un double mouvement d'accueil et de don, elle apparaît à la lisière des passages que naissance et mort signent. Parce qu'elle a ses degrés d'intensité, parce qu'elle a une force symbolique et un pouvoir de transformation sur les êtres et les choses, elle est une puissance.”Anne Dufourmantelle, Puissance de la douceur. 1993.
S'engager dans une nouvelle étape de vie nous conduit à renoncer à certains repères obsolètes, tout en se tenant dans une posture dynamique de découverte pour créer de nouveaux repères plus ajustés à la nouvelle situation qui se déploie dans le même temps.

Le passage requiert donc un mouvement dynamique et souple pour faire coexister simultanément 2 états intérieurs dans une attitude de douceur attentive :
Un état qui est lié au processus de détachement, de perte, d'incertitude qui nous met en contact avec les peurs ou les angoisses en rapport avec les expériences de séparations antérieures vécues ou transgénérationnelles. Y amener de la conscience peut amener un certain relâchement à la fin du processus.
Un autre état lié au déploiement d'une nouvelle boussole intérieure. Il s'agit de trouver de nouveaux appuis permettant d'apprivoiser les modifications à mettre en place, tout en développant progressivement le sentiment de confiance dans sa nouvelle facette (nouveau rôle de parent, grand-parent, professionnel,...)
Comme un voyage qui nous plongerait dans une culture inconnue, les transitions ou étapes de vie demandent un temps d'adaptation à considérer pour quitter l'ancien, ressentir le nouveau, se poser puis entrer en relation avec le territoire, l'environnement à découvrir (ne serait-ce que pour restaurer les besoins vitaux liés à la fatigue du voyage, le décalage horaire, ou la nourriture).
Ce que nous rappellent les rites de passages, qui tendent à disparaître dans notre culture, c'est que les grandes transitions de vie nous relient à la traversée des grandes étapes de la vie (la naissance, l'enfance, l'adolescence, l'adulte, la vieillesse et la mort). Elles nous relient aussi à une dimension collective des transitions. En effet, le rite de passage se conclue par l'admission de la personne dans un groupe d'individus qui reconnaissent et soutiennent sa croissance personnelle. Se relier aux grands cycles de la vie humaine n'empêche pas les angoisses, ou l'inconfort. J'y vois plutôt un nouveau repère de l'expérience humaine à intégrer pour envelopper de douceur et de compassion l'expérience, les pensées et les émotions inconfortables dans ce passage. Il ne s'agit pas de supprimer la vague de stress, les angoisses, l'anxiété ou l'inconfort mais de les reconnaître, leur faire une place, les écouter autant que possible (en marchant, en dessinant, en écrivant, en méditant ou autre activité favorisant l'attention aux sensations, au corps, aux emotions, aux pensées). Au fil du temps, approfondir cette écoute pourra limiter l'intensité, la profondeur ou la durée de la vague d'inconfort. Les passages pourraient alors contenir en germe quelque chose d'initiatique sous réserve que l'expérience individuelle soit vécue en conscience et avec douceur comme une expérience humaine et collective et que quelques proches ou aidants (famille, collègues, amis, voisins, village, soignants…) puissent reconnaître cette expérience comme source de croissance, de maturité ou de sagesse pour la personne.





Commentaires